"Je m'en vais car je n'en peux plus. Je ne veux pas voir la suite, tu me comprends, j'ai mal, je préfère. [...] Ne me fais pas mentir, surtout maintenant que tu me comprends, ce n'est pas ta faute, c'est la fatalité."


___Nous étions jeunes, bien trop pour connaître ça. Nous n'avons trouvé ni raison, ni sens à ce bonheur meurtri. Ma vie s'est arrêtée lorsque son coeur s'est éteint. Nous avons disparus, l'histoire à écrit sa propre fin.

# Posté le samedi 30 août 2008 06:29

Modifié le samedi 30 août 2008 16:59

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___Ça ne s'éloigne pas. Non, surtout pas, ce serait nier l'évidence. On s'aime, on rit, on est heureux. Vraiment, une telle démonstration de bonheur ne devrait être autorisé. Ça me procure vraiment une sensation de dégoût total. Décidément le métro parisien est, et restera, un lieu maudit à mon égard. Me forçant à vider mon esprit de ces envies malsaines qui le hantait, je me replongeai tant bien que mal dans ma lecture. Je sortis rapidement de la rame, et allai au lycée. Je l'aperçus, déçue qu'il soit présent aujourd'hui encore : il était là, chaque matin, occupant toujours la même place. De nature solitaire, il n'était plutôt pas du genre "regardez moi", mais les filles, elles, tombaient comme des mouches. Il était le garçon le plus irritant que je connaisse.

- Hey, Claire !
___Mais lui, en faisait son affaire.
- Ethan ! j'employai mon air enjoué des mauvais jours.
___Je lui adressai un de ces fameux sourire faussement enthousiaste.
- La journée commence bien ?
___*A vrai dire, pas du tout, et de là, je dirai que cela va empirer !*
- Parfaitement bien.
___Il riait. Mon air "ça va, fiche moi la paix" avait le don de lui faire cet effet là, à mon plus grand regret.
- Non, franchement ? relança-t-il, plus sérieusement.
- Elle commence très mal et j'ai la très nette impression que cela va empirer.
- Le métro te mettra toujours de bonne humeur.
- Toujours.


___Nous rentrions en classe, et je m'interrogeai : j'avais quelques connaissances, mais ça n'était pas vraiment mon truc de rester avec les mêmes personnes tout au long de la journée. De plus, je n'étais pas toujours très "chaleureuse", mais lui s'obstinait, ce que je ne comprenais pas, et me posait problème. En plus de la vie en elle-même, il m'encombrait de questions aussi inutile que

- A quoi penses-tu ?
- Futile
, soupirai-je, agacée.
___Visiblement, il ne comprenait pas.
- A rien, je ne pensais à rien.

___C'était la fin de la journée, je pourrais enfin rentrer chez moi, mais il insista pour me raccompagner, sous prétexte qu'il ne savait pas où je vivais. Bizarrement le voyage qui était habituellement long, fut, cette fois-ci, assez rapide. Nous étions arrivé, je m'apprêtais à lui dire au revoir.

- Je connais cet immeuble, les appartements y sont plutôt ... réduits, non ?
___Il ne me posait aucune question, il affirmait, sur de ce qu'il avançait.
- C'est suffisant.
- A combien vivez-vous là-dedans ?
- Je suis seule.
- Et tes parents ?
- Plus là.

___Le silence s'installa, mais je fus agréablement surprise par le fait qu'il n'insiste pas sur le sujet : d'ordinaire, il aimait approfondir les conversations.
- Bon, et bien, à demain, lança-t-il à contrecoeur.
___Pour la première fois en ma présence, son sourire ne semblait pas sincère. En un certain sens, ça me fit plaisir de voir que cela lui arrivait à lui aussi. Je soupirai.
- Entre deux minutes, si tu veux.
___Je n'avais pas pris le temps de réfléchir, et je craignais d'avoir vraiment prononcer ces paroles. Je me maudis et voulut modifier quelque chose mais ça n'en valait plus la peine : il m'avait déjà devancer.

___Il regardait tout, prêtait attention à chaque détail, comme si cela était un livre entièrement captivant. Je n'avais rien à lui dire, d'ailleurs je ne le connaissais pas vraiment. J'étais stupide d'avoir proposer une chose pareil. Lui, semblait parfaitement à l'aise.
- Tu aimes la musique ... et les livres, affirma-t-il, le sourire aux lèvres en voyant les instruments et les étagères remplis de bouquins.
- C'est mal ?
___Il rit, me donnant l'impression qu'il prenait un certain plaisir a me voir sur mes gardes.
- Pas du tout. Tu te brusques beaucoup trop, et puis détends-toi un peu, je ne vais pas te manger.
___Je souris, amusée par cette phrase idiote souvent employée et pourtant vraie. Je respirai et fermai les yeux. Je les rouvris au son de la guitare : il était assis en face de moi, les doigts se baladant sur le bois.
- Tu veux quelque chose ?
- De l'eau, s'il-te-plait.


___Je lui tendis le verre, et m'aperçus que ses mains tremblaient.
- Tu as froid, affirmai-je, étonnée : le beau temps était au rendez-vous ces derniers jours.
- Ce n'est pas ça.
___Il serra ses poing avec force, fermant les yeux, agacé. Ce coup-ci, ça n'était pas moi qui m'étais refermée brusquement, mais bien lui, la personne calme et patiente. Je posai le verre sur la table, près de lui.
___Un nouveau silence s'était installé, gêné. Puis, après avoir jeté un vif coup d'oeil à sa montre, il reposa la guitare, but son verre et rassembla ses affaires, en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire.
- On se voit demain.
___Je n'eus pas l'occasion de répondre, il était déjà partit, claquant la porte derrière lui. Un peu déconcertée par ce comportement qui ne lui ressemblait pas, je me mis au travail, tout en ayant l'esprit ailleurs.

# Posté le samedi 30 août 2008 08:01

Modifié le samedi 30 août 2008 16:45

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___J'étais satisfaite à l'idée qu'il ne serait sûrement pas là aujourd'hui et que ma journée se déroulerait comme avant, et pourtant une partie de moi espérait qu'il soit présent. Que s'était-il passé ou qu'avais-je dit pour récolter une réaction comme il avait eu. Je n'en savais rien. Je me dirigeai, seule, vers mon premier cours. mais une voix familière me ralentit.

- Attends moi !!
___Je ne me retournai pas et continuai mon chemin.
- Quoi, qu'est-ce qu'il y a ? demanda-t-il innocemment.
- Rien, je pensais que ma présence te dérangeait.
- Ah, je vois ... Désolé, ça n'avait rien à voir avec toi.
- Avec quoi alors ?

___Je le toisai.
- Ça ne regarde que moi.
___Il était énervé, comme si cette conversation le dérangeait.
- Très bien.
___Ma réponse semblait le détendre légèrement. Nous continuions de nous diriger vers notre salle de classe.
- Et, j'aime bien passer du temps avec toi, lacha-t-il doucement à mon oreille, un sourire en coin.
- Tu m'en diras tant.
___Il se mit à rire, moi pas vraiment. Sa dernière phrase me dérangeait.
- Au fait ...
___Il sortit un CD de sa veste.
- Écoute le, après les disques que j'ai vu hier chez toi, je pense que ça te plaira.
___Il me fit un clin d'oeil, eut un sourire moqueur à ma réaction et partit s'asseoir.
- Je rêve, me lançai-je à moi même, tout en gagnant ma place.

___Alice m'adressa un sourire pour me saluer, je lui rendis vaguement. J'étais ailleurs, comme toujours, mais elle me sortit rapidement de mes pensées, d'abord hésitante, puis plus déterminée.
- Tu viendras Samedi, pas vrai ?
- Samedi ... Demain ... ?
___En y repensant, cette date me disait quelque chose, sans savoir quoi exactement. A la vue de mon regard interrogateur, Alice me sourit, ayant prit l'habitude de ce genre de réactions.
- Ma soirée !
- Oh ... Je t'avais dis que je passerai sûrement, alors je le ferai, affirmai-je sans convictions.
- Ethan sera là lui ...
- C'est un très mauvais argument que tu viens d'apporter.
___Je remarquai qu'Ethan et son voisin m'observaient d'un air moqueur, je les fusillai du regard avant de plonger mon esprit dans ces équations impossibles. 'est en silence que l'heure suivit son cours, et la journée se termina sans grandes interruptions. Comme chaque semaine, l'approche du week-end se faisait ressentir.

___Il me suivait comme tous les soirs, et agrémentait la conversation seul. Je le vis se stopper et se renfrogner sans prévenir.
- Je te laisse rentrer seule, lacha-t-il simplement avant de se diriger vers deux hommes qui m'étaient inconnus.
___J'étais soulagée, voir même reconnaissante envers lui car je n'avais en rien le courage de participer à un échange digne de ce nom. Je l'observai une dernière fois avant de le perdre de vue. Il m'agaçait pour des raisons qui m'étaient parfaitement connus, mais je pensais l'apprécier plus que je ne l'espérait ...

___Il était tard, j'étais tellement fatiguée que je n'arrivais pas même à fermer l'oeil. Mon portable sonna, je décrochai : la voix distante de mon interlocuteur me tira rapidement de mes réflections.
- Me détestes-tu ?

# Posté le dimanche 31 août 2008 06:20

Modifié le vendredi 05 septembre 2008 16:40

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___'Épuisée', voilà le mot adéquate. Je n'avais pas dormi, pas même quelques heures. Ce coup de fil passager m'avait achevé : que lui prenait-il, lui et ses questions désopilantes. Je ne pouvais cependant échapper ni à ma journée de travail, ni à Alice par conséquent : lorsque je cherchai un job, elle m'avait aidé en parlant de mon cas à son père qui, à l'époque, cherchait de la main d'oeuvre. Désormais, j'étais donc employée dans le magasin se trouvant au pied de leur appartement.

___Ma journée se terminait enfin, je souris avec peu d'entrain au dernier client qui quittait le magasin. Je rassemblais mes affaires quand j'aperçus Alice descendre les escaliers. Elle arborait une magnifique robe bordeau qui lui siait à merveille. Ses cheveux d'ordinaire peu ondulés, bouclaient sur ses épaules. Cette tenue me semblait plus adaptée à une soirée "mondaine" qu'à une simple fête d'adolescents.
- A quoi je ressemble ? m'interrogea-t-elle timidement.
- C'est très bien, tu es parfaite, lui affirmai-je avec sincérité.
___Elle parut ravie de la réponse que je lui fournis, affichant un sourire qui dévoilait ses dents parfaitement blanches.
- Tu vas chez toi te changer, et puis on est partit ?
- Euh ... C'est à dire que je ne comptais pas me mettre sur mon 31, avouai-je. En plus je ne reste pas très longtemps, ce n'est peut-être pas la peine ...
___Elle me dévisagea, interdite. J'avais l'impression d'être une idiote finie. Je jetai un coup d'oeil à ma tenue vestimentaire : vieux jean troué et débardeur blanc. J'hochai la tête.
- D'accord, je pourrais faire un petit effort, quand même ... cédai-je.
___Elle sourit, satisfaite, m'emmena jusqu'à sa chambre m'aggripant le poignet.

___Je me tenais effarée devant le miroir : elle m'avait fait porter pour l'occasion une robe noire, et était même parvenue à faire quelque chose de mes cheveux.
- Tu es magnifique, lacha-t-elle, fière de son travail.
- Parfaitement ridicule tu veux dire ... C'est bien pour toi mais pas pour moi !! Tu m'as regardée ?!! J'avais dit un petit effort !! Mais là ...
- Trêve de blabla. Viens, je vais réussir à être en retard à ma propre fête !

___Effectivement, nous étions en retard. Beaucoup de monde était arrivé, tous habillés de tenues de soirée : Alice avait tenu à ce détail. Elle fit le tour de ses invités, discutant et riant avec chacun d'entre eux.
- Tu t'es fais avoir, pas vrai ? Je m'étonnerais du contraire, tu affirmais toi-même que ce genre de tenues n'étaient pas ... faites pour toi ?
___Devinant immédiatement à qui appartenait cette voix je ne me retournai pas.
- Je n'ai pas eu vraiment le choix, rétorquai-je.
Exaspérée, sans en connaître vraiment les raisons, j'empruntai le chemin sinueux traversant la foule qui s'ouvrait devant moi.

___Se tenant devant le bar avec un groupe de garçon qui m'étaient inconnus, il me dévisageait, lui et les autres, avec leurs yeux et leurs rires moqueurs. Je n'en pouvais plus, inconsciemment, je bouillais. Je me dirigeai vers lui d'un pas décidé, l'emmenant à l'écart de ses "amis".
- J'en ai vraiment assez que tu te foutes de moi de cette façon là !! Franchement, ça t'avance à quoi, tu peux me le dire ?! Va te chercher un autre jouet tu entends ! Je ne veux plus jamais avoir affaire à toi !
___Ça n'était pas vrai, je n'étais pas en colère, je ne voulais pas qu'il s'éloigne de moi, c'était faux. Je le savais, mais je ne me l'avouerai probablement jamais. L'expression de son visage changea en deux temps trois mouvements. Il m'entraîna vers la sortie, Je n'avais pas assez de force pour lui résister et fut piquée au vif par le froid qui régnait désormais dans la nuit. Il me fit face, son regard noir dirigé vers mon visage.
- Je peux savoir qui se moque de qui ?! Ça fait plus d'un an que je te traîne dans les pattes, et tu ne m'as jamais adressé la moindre preuve d'amitié ou même dit que tu me détestais. Je ne te comprends pas Claire, mais ce n'est certainement pas moi qui joue. Tu ne vois rien ? Tu ne te rend vraiment compte de rien ?! A vrai dire ça ne m'étonne qu'à moitié, depuis que je te connais tu me regardes sans me voir. Tu peux penser ce que tu veux, mais je ne te laisserai jamais dire que je me fous de toi, tu fais fausse route. Je ne reviendrais plus te chercher Claire. Décide toi, je ne serais pas là éternellement.
___Et il est partit, me laissant anéantie par ses paroles, sur le trottoir de cette pauvre rue assombrie et plongée dans la nuit glaciale.

# Posté le samedi 06 septembre 2008 08:28

Modifié le lundi 08 septembre 2008 15:08

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___Aveugle. Voilà le mot que j'emploierai. J'étais privée de chacun de mes sens. Je ne sais combien de temps je restais dans cette léthargie mais je réussis à reprendre conscience de la vie qui m'entourait, une vie endormie par la nuit glaciale. Le vent était de glace, une épaisse couche de neige recouvrait les ruelles. Je devais le voir, le trouver. Je devais lui parler, je voulais voir qu'il était encore là. Présent. Plus que jamais, et à jamais. Pis : je le voulais. Je sentais un vide, quelque chose manquait. Une partie de moi n'était plus. Mon coeur, sinon disparu, était comprimé par la hargne rageuse de la douleur qui avait paralysé mon corps entier peu de temps auparavant. Je courus dans la salle où avait eu lieu la fête. Je ne reconnaissais rien. Personne. Seulement quelques modestes "déchirés".
___Je ne savais pas exactement ce que je faisais. Je courais, marchais, m'arrêtai. Je ne sentais plus aucune partie de mon corps. La robe d'Alice n'était en rien destinée à affronter un tel froid. Je me laissai guider par mes simples souvenirs. Je reconnus les lieux, la maison aux proportions exubérantes. Malgré la neige j'étais sûre de moi. Cette rue était la même, cette maison également. Mais elle était vide, sans aucun doute possible. Je me laissai tomber a terre. Mon corps me brûlait par le froid, mais cette douleur était agréable au côté des plaintes insupportables que hurlait le creux dans ma poitrine. Je ne voyais absolument rien, ma vision était totalement brouillée par les larmes qui n'avaient jusqu'alors jamais cessé de couler.

- Claire !
___Une lueur d'espoir s'éclaira. Je l'entendais, il était là. Je ne réussis pas à parler, incapable de bouger. Comme inconsciente. Et pourtant, je l'étais. Je sentis ses bras me soulever, puis plus rien.

___Je rouvris les yeux après ce qui me sembla être quelques minutes. J'étais allongée sur un canapé, emmitouflée dans bon nombre de couvertures. Près de moi, dans la cheminée, brûlait un feu dégageant une chaleur attirante et réconfortante. Il n'y avait aucune trace de celui que je souhaitais voir à tout prix. Abandonnant mes couvertures, je me levai mais me rassis si tôt fait, prise par des vertiges. Je renouvelai l'action, plus doucement cette fois, et me plaça près du feu. Je me perdis dans les flammes. Soudain, je fus blotti contre son torse, enlacée dans ses bras par tellement de force que j'en eu le souffle coupé. Cependant, je m'y sentais incroyablement bien. J'avais eu l'impression d'avoir tellement de chose à lui dire ... Et pourtant, à cet instant, je ne savais quoi lui dire.
- Je ...
- Nous verrons ça plus tard, me coupa-t-il. Pour le moment j'aimerais que tu ailles prendre une douche bien chaude, peut-être que cela arrivera à te réchauffer.
___*Être à l'endroit exact où je suis maintenant me suffit ...*

___Je quittai enfin la salle de bain où régnait une chaleur étouffante, arborant un T-shirt bien trop grand pour moi. Je m'arrêtai après quelques pas seulement. Il ne semblait pas m'avoir entendu. Il se tenait sur le rebord d'une fenêtre fixant la nuit avec un intérêt que je ne compris pas. Je m'accordai alors une chose que je m'étais toujours interdite. Je voulais connaître chacun de ces traits, connaître le plus petit détail de son visage. Ses cheveux d'un noir d'encre tombaient sur sa peau lactée, décoiffés, ce qui jouait tout à son avantage. Mon coeur se serra quand je ne trouvais pas l'éclat régnant d'ordinaire si souvent dans son regard. Ses yeux d'un bleu grisé étaient vides, tristes. Suivant la ligne de son nez aquilin, je m'attardai sur ses lèvres, parfaitement dessinées, où manquait le sourire que j'aimais tant. Je me sentis rosir quand je m'attardai sur ton torse nu. Je détournai le regard, m'agaçai de moi-même : depuis quand je rougissais moi ? Je repris mon étude avancée de ses traits, plongée dans la beauté de ses yeux. Son regard se tourna pour la première fois, toujours dirigé vers l'extérieur cependant. Il sourit. Je compris alors qu'il avait remarqué ma présence non loin de lui. Il se rapprocha, quittant son poste d'observation. Je ne pouvais me résoudre à le quitter des yeux ne serait-ce qu'un court instant.
- A quoi penses-tu ? Tu as l'air partit bien loin, m'interrogea-t-il avec curiosité.
- Pas tant que ça ...
- Tant mieux. Maintenant que je t'ai avec moi.

___Il effleura ma joue de sa main droite, et mon coeur se stoppa un court instant.
- Qu'est-ce qui t'es donc passé par la tête Claire ? Tu imagines si j'avais décidé de ne pas rentrer cette nuit ? Dieu seul sait ce qu'il serait advenu de toi avec un froid pareil.
___Son visage se tordit à l'entente de ses propres paroles.
- Je suis un idiot. C'est ma faute, lâcha-t-il faiblement d'une voix emplie de culpabilité
- Non !
___Où allait-il pêcher des idioties d'une telle proportion ? Il devenait fou ou quoi ? Il avait eu raison. Ses paroles était vraies. Je l'avais blessé, chaque jour un peu plus. Je ne méritais pas l'attention qu'il me portait depuis qu'il me connaissait. Je ne le méritais pas.
Ainsi les larmes étaient reparties, moi incapable de les stopper.
- Je suis désolée. Pour tout. J'avais tellement de chose à dire mais maintenant je ne trouve plus rien, plus un mot. Je ne suis pas quelqu'un qui mérite que l'on se donne du mal pour elle. Je m'interdis tout lien trop étroit. Je suis une personne ignoble. Je refuse que quelqu'un souffre à cause de mes interdictions idiotes, à cause de moi. Surtout pas toi Ethan. Surtout pas toi ...
___Je déblatérais des choses que je ne comprenais pas moi-même. J'étais presque incompréhensible. Ravagée par les larmes et la souffrance qui s'exprimait après avoir été longtemps enfermée. Il m'offrait de nouveau le creux de ses bras, j'enfouis ma tête dans son torse.
- Te rencontrer à été la plus belle chose qu'il m'eut été donné, me rassura-t-il.

# Posté le mardi 04 novembre 2008 13:09

Modifié le vendredi 07 novembre 2008 15:35